Journée mondiale de la contraception : Le combat de Marielle contre Essure

Ce 26 septembre marque la journée mondiale de la contraception. A cette occasion, nous voulions vous parler du combat que mène Marielle Klein contre un dispositif de contraception définitif appelé Essure.

Remis en cause pas de plus en plus de spécialiste et sujet de nombreuses plaintes de la part des personnes qui se le sont vus implantés, le dispositif médical est encore autorisé en France. Marielle, qui a elle-même dû subir une hystérectomie suite à l’utilisation de cette méthode, a décidé de ne rien lâcher pour qu'aucune autre femme ne vive ce qu'elle a vécu.

Pouvez-vous nous expliquer les conséquences de l'utilisation du dispositif Essure pour vous et d'autres femmes dans le monde?

Depuis un an, nous sommes en contact régulier avec des femmes dont la santé générale s’est extrêmement dégradée après la pose de ces implants. Ces patientes ont, pour la plupart, effectué un véritable parcours du combattant pour faire reconnaitre leurs maux qui bien souvent sont attribués trop facilement à des désordres psychologiques infondés, leur infligeant une blessure supplémentaire. Les signes cliniques observés et ressentis peuvent évoquer des tableaux de diagnostic différentiel rendant très difficile l’accès à une prise en charge rapide et efficace.

Une fatigue anormale et tenace sur plusieurs mois, des troubles neurologiques, moteurs, articulaires et musculaires, des douleurs pelviennes intenses accompagnées de règles hémorragiques ou d’absence de celles-ci, une prise de poids, un gonflement abdominal évocateur d’une grossesse sont les signes communs qui nous sont relatés couramment. Et pire encore, le dispositif lorsqu'il est mal implanté ou qu'il bouge n'est pas efficace à 100%. Dernièrement nous avons encore eu une naissance d'un e-bébé. La femme se sent diminuée physiquement, bien souvent elle ne sent pas capable d’assumer ses tâches au quotidien (enfants, travail,…).Ses relations sexuelles en sont également affectées et cela nuit à l’équilibre du couple.

Quand avez-vous décidé de vous mobiliser pour son interdiction ?

J’ai décidé de me mobiliser pour son interdiction à partir du moment où j’ai fait la relation de cause à effet ; j’ai commencé des recherches personnelles via les réseaux sociaux, j’ai rejoins le groupe « Essure Problems » au USA. Ce sont elles qui m’ont redirigé sur leurs homologues françaises…
 
Pour moi, l’élément déclencheur, c’est le manque de considération du corps médical. J’ai effectué un véritable parcours du combattant pour faire reconnaitre mes souffrances qui bien souvent ont été attribuées trop facilement à des désordres psychologiques infondés. On a même été jusqu'à me proposer un séjour de deux semaines en centre hospitalier spécialisé…

Avez-vous toujours été militante ?

Non mais j’ai toujours eu des valeurs importantes à défendre devant et pour mes enfants. Depuis cette épreuve, je suis passée au degré supérieur, parce que les conséquences sur mon quotidien ont eu un impact sans précédent : passer d’une maman active qui gère sa tribu, les rendez-vous médicaux, les devoirs, les sorties au parc… à une incapacité totale d’être maman… Nous avons dû quitter notre maison pour habiter chez les grands-parents afin qu’ils me secondent pleinement… Cette invalidité m’a fait prendre conscience que je devais d’abord m’occuper de moi-même et une fois rétablie, je me suis lancée dans un militantisme moral, pour faire reconnaitre le dysfonctionnement de cette méthode.

Le dispositif Essure

Le dispositif Essure


Pourquoi pensez-vous que ce dispositif n'est pas encore interdit ?

D’une part parce que les médecins ne veulent pas reconnaitre le lien de cause à effet entre les implants et les effets secondaires : on a pu se rendre compte que dans les régions, plusieurs adhérentes avaient le même gynécologue et que quand elles venaient exposer leurs propres symptômes, le praticien paraissait toujours surpris et disait « c’est bien la première fois qu’il entend ça ! »
 
D’autre part Bayer qui commercialise ce produit… Avec tout ce que cela implique quand on s'attaque à un géant de l'Industrie Pharmaceutique. C'est le combat de David contre Goliath.
 
Aucune information n’est remontée à l’ANSM par le corps médical qui minimise les effets secondaires constatés.
 
Et enfin beaucoup de porteuses n'ont pas encore fait le lien entre les éventuels maux qu'elles peuvent ressentir et les implants. On ne va pas chez le gynécologue pour un mal de dos, une vision trouble, des pertes de mémoires,…
 
Ce qui nous fait dire que nos symptômes sont liés aux implants.
                                                             
Après la pose, nous avons toutes constaté une dégradation de notre état de santé général, des symptômes qui apparaissent sournoisement et entrainent une généralisation de problèmes successifs. Le point commun de toutes ces femmes est justement le tableau clinique qui revient : fatigue chronique, règles hémorragiques ou ménopause précoce, douleurs pelviennes, douleurs musculaires,…


 
Pensez-vous que la mobilisation citoyenne a été utile à votre combat ? Où en êtes-vous ?

Toute mobilisation citoyenne, quand celle-ci touche la santé, est utile… 
Le nombre de femmes concernées ne cessant d’augmenter au sein de notre groupe, nous avons créé l’association R.E.S.I.S.T. et demandé l’aide de Maître Charles Joseph-Oudin pour nous accompagner dans notre parcours…
 
Actuellement nous sommes entrain d’obtenir le soutien de députés, sénateurs et autres personnalités politiques. 


Auriez-vous un conseil à donner aux personnes qui souhaiteraient lancer une pétition ? 


Ne pas hésiter à le faire, il faut toujours croire en la cause qu’on défend, et aux valeurs qu’on véhicule… Lorsque j’ai vu que ma pétition avait dépassé 40 000 signatures, j’ai exulté de joie !

Je terminerai avec un proverbe africain : « Seul on va plus vite, Ensemble on va plus loin… »

 

Pour signer la pétition de Marielle : www.change.org/essure