Piétonnisation des berges à Paris : Pour ou contre ?

Vous êtes soucieux des enjeux environnementaux liés à la qualité de l’air ? Les problèmes de santé publique causés par la pollution vous tiennent à coeur ?  Ce qui suit devrait vous intéresser.

Depuis des mois, la polémique gronde autour de la décision d’Anne Hidalgo d'appliquer une de ses promesses de campagne : piétonniser les voies sur Berge de Seine.  Le 22 août dernier, le jugement tombe, la commission d’enquête publique rend un avis défavorable sur la piétonnisation des berges de Seine rive droite. Convaincu de la pertinence du projet, la maire de Paris décide de le maintenir. En réaction à cette annonce, les soutiens et les opposants au projet ont décidé d’agir en menant campagne sur Change.org. 

Quelles sont leurs revendications ? Les éléments de réponse ici.

La lutte contre la pollution de l’air : fer de lance des militants écologistes

D’après l’association Respire, la pollution tue 6 500 personnes par an sur la Métropole du Grand Paris. Et quand elle ne tue pas, ses ravages ne sont pas moins dévastateurs pour la santé comme en témoigne Laura, parisienne de 35 ans, diagnostiquée asthmatique depuis l’année dernière et qui subit depuis un traitement quotidien à base de cortisone  :

“Je pense vraiment que mon asthme est dû à la pollution, car les tests d’allergie n’ont rien donné et mon souffle s’améliore dès que je vais dans un endroit où l’air est plus respirable…”

Dans leur pétition, les militants écologistes s’appuient sur plusieurs témoignages de citoyens, victimes de la pollution de l’air pour affirmer la nécessité de diminuer cette pollution et d’inventer de nouveaux espaces de sociabilité autour des berges pour améliorer la qualité de vie des parisiens. Ils soutiennent la décision de la maire de Paris qui insiste sur la nécessité de réduire la place de la voiture pour lutter contre la pollution.

Embouteillages et déni de démocratie : passage en force de la maire de Paris ? 

Les embouteillages : c’est ce que craignent en priorité les opposants au projet d’Anne Hidalgo. Pour Philippe Bailly, fermer la voie express de la rive droite va fortement pénaliser les personnes qui comme lui travaillent à Paris ou qui doivent utiliser les voies express pour traverser la capitale. Il rappelle que ces voies ont à l’origine été créées pour faciliter l'accès des banlieusards au cœur de Paris.
Dans sa pétition, cet habitant des Hauts-de-Seine dénonce l’inconséquence de la maire de Paris qui selon lui mène une politique de transport destinée à servir uniquement les intérêts des parisiens au détriment des autres communes d’Ile-de-France. 

La pétition de Philippe bailly soulève d’autres points faibles du projet de piétonnisation comme le déni de démocratie dont a fait preuve selon lui Anne Hidalgo en refusant de tenir compte de l’avis défavorable de la consultation publique. L’automobiliste remet en cause la capacité d’écoute de la maire de Paris et questionne l'intérêt public du projet. 

       Pour Anne Hidalgo, la piétonnisation de la rive gauche est un succès : 4 millions de visiteurs, réduction de 15% des émissions de dioxyde d’azote. La maire de Paris est donc loin de renoncer à son projet de réhabilitation des berges de Seine aux piétons. 

       Pour l’heure, le préfet de Paris a autorisé la piétonnisation pour une première durée de 6 mois. Viendra après l’évaluation par le préfet des effets de cette piétonnisation sur la pollution de l’air, le trafic routier, la vie locale, mais aussi le soutien de la population. Une première victoire pour les défenseurs du projet mais les opposants n’ont pas dit leur dernier mot.